Histoire de l’Armée canadienne

L’information contenue dans la présente page fournit un aperçu des origines de l’Armée canadienne d’aujourd’hui et sert de plateforme pour un examen plus approfondi de son histoire.

Lignées officielles des Régiments des armes de combat

Les liens ci-dessous permettent d’accéder à des informations l’origine, les honneurs de guerre et l’histoire opérationnelle des régiments, ainsi que leurs devises, leurs insignes et leurs marches.

Origines de l'Armée canadienne

« L'histoire de l'Armée au Canada remonte à l'origine même du pays; elle constitue une bien plus grande partie de notre histoire nationale que la plupart des Canadiens ne se l'imaginent. Le soldat canadien d'aujourd'hui est l'héritier d'une très vieille et très noble tradition, d'une tradition qui lui est toute particulière. L'Armée canadienne a participé avec d'autres forces militaires - avec l'Armée britannique surtout - à nombre d'aventures historiques, mais quelques-unes de celles qui ont contribué à sa formation. »

De L'évolution De L'armée Canadienne - Les deux premiers siècles: l'ancienne milice par Col C.P. STACEY, O.C., O.B.E., C.D.

Cela forme le début du premier chapitre de l'ouvrage classique : l'Histoire militaire à l'intention des étudiants canadiens (sixième édition, quatrième révision). C'est une excellente source pour l'histoire militaire avant la Confédération du Canada ainsi que la couverture des événements à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les débuts (1600-1899)

Les origines de l’Armée canadienne remontent aux milices des premières colonies européennes en Amérique du Nord. Pendant plusieurs générations avant la Confédération de 1867, des garnisons militaires britanniques et françaises ont été mises sur pied au Canada. Comme les puissances européennes hésitaient à financer une grande armée permanente au Canada, à mesure que les colons s’établissaient dans le Bas‑Canada, puis dans le Haut‑Canada et les Prairies, ils ont fondé de petites compagnies de milice communautaires pour se protéger. Ces compagnies étaient composées d’habitants et de vétérans des guerres antérieures à qui l'on avait accordé des terres au Canada.

Guerre de 1812

L’Armée canadienne a été créée après la guerre de 1812 entre les Britanniques et les Américains. À l’époque, le Canada était défendu par des contingents de l’Armée britannique et de la Marine royale britannique et par des compagnies de milice composées de volontaires locaux. De 1841 à 1871, les unités de la milice ont repoussé avec vigueur les raids menés par les Féniens américains dans les régions qui sont devenues le Nouveau‑Brunswick, le Québec, l’Ontario et le Manitoba. La Loi sur la Milice de 1855 a été à l’origine de la création d’unités d’infanterie par l’amalgame de compagnies communautaires en unités régionales de la taille d’un bataillon. Les garnisons plus imposantes ont mis sur pied des unités d’artillerie et certaines communautés ont formé des régiments de cavalerie.

L’Armée canadienne a véritablement été instaurée après la Confédération. En 1871, les dernières unités impériales britanniques ont quitté le Canada et le pays est devenu responsable de sa propre défense. En 1876, le Collège militaire royal du Canada était fondé à Kingston pour former un corps d’officier professionnel. Sept ans plus tard, le Canada mettait sur pied des unités permanentes d’infanterie et de cavalerie dont le rôle principal était de former les unités de milice à temps partiel et de servir de force de sécurité interne.

La guerre des Boers (1899-1902)

Deux Républiques sud‑africaines avaient été colonisées par les Hollandais, mais les Britanniques s’en sont emparés au début des années 1800. Les colons hollandais – surnommés les Boers – se sont rebellés contre leurs colonisateurs et les tensions ont grandi à mesure que des gisements d’or et de diamant étaient découverts. En réponse à la demande de troupes des Britanniques, le Canada a dépêché un contingent de 1 000 soldats volontaires. C’était la première fois que les Canadiens participaient à un conflit outre‑mer. Tandis que la guerre se poursuivait, le besoin de soldats allait croissant, entraînant la création de plusieurs nouvelles unités de l’Armée canadienne.

Au total, plus de 7 000 Canadiens se sont portés volontaires durant la guerre des Boers. Deux-cent-quatre-vingts Canadiens sont morts et plus de 250 ont été blessés. Le Canada a tiré des leçons précieuses de cette guerre et s’en est servi pour adapter l’entraînement et les normes de discipline de la milice. De plus, il a établi les différentes fonctions qui allaient constituer la base de l’Armée canadienne moderne : le génie, les transmissions, le service de soutien et le service du matériel.

La Première Guerre mondiale (1914-1918)

Lorsque la Grande‑Bretagne et la France ont déclaré la guerre à l’Allemagne en août 1914, le Canada n’était pas encore indépendant, et par conséquent, il était tenu d’appuyer la Grande-Bretagne. La Première Guerre mondiale s’est avérée un tournant pour l’Armée canadienne qui a créé quatre divisions de première ligne pour former le Corps expéditionnaire canadien. Ce corps comprenait des unités d’infanterie et d’artillerie, ainsi que des unités embarquées et auxiliaires regroupant près de 620 000 hommes et femmes issus d’un pays de seulement 7,5 millions d’habitants. Pendant les deux premières années de la guerre, le recrutement militaire était volontaire, puis le Canada a adopté une politique de conscription en 1917.

Les militaires canadiens se sont distingués durant des batailles comme celles d’Ypres, d’Artois, de la Somme, d’Arras et de Passchendaele qui leur ont valu une réputation de soldats redoutables et efficaces. Les Alliés leur ont confié des tâches de plus en plus importantes et les Allemands les ont surnommés les « unités de choc ». Durant la campagne d’Arras, les Canadiens ont remporté une grande victoire, celle de la bataille de la crête de Vimy (du 9 au 12 avril 1917) durant laquelle les quatre divisions canadiennes ont été rassemblées pour la première fois et se sont emparées d’ouvrages de défense allemands lourdement fortifiés – un exploit que d’autres forces alliées avaient vainement tenté d’accomplir. De plus, le Corps canadien a été le fer de lance de l’effort des Alliés durant l’offensive des Cent‑Jours qui a mené à la signature de l’Armistice en 1918.

Plus de 60 000 Canadiens sont morts pendant la Première Guerre mondiale et 172 000 ont été blessés. Durant ce conflit, l’Armée canadienne s’est taillé une belle réputation. En reconnaissance de ses sacrifices et de son soutien à la Grande-Bretagne, cette dernière a accordé au Canada son indépendance en matière de politique étrangère et il a siégé comme un membre distinct de la Société des Nations

Les scientifiques militaires canadiens se sont également distingués avec l’invention du masque à gaz. Il a servi à protéger nos militaires contre la première attaque massive au gaz toxique par l’ennemi lors de la bataille d’Ypres pendant la Première Guerre mondiale.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

Après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne en septembre 1939, le Canada, la France, la Grande‑Bretagne et d’autres pays du Commonwealth ont déclaré la guerre à l’Allemagne, mais cette fois‑ci, le Canada l’a fait de son propre chef. Par la suite, il allait également déclarer la guerre à l’Italie et au Japon. Plus d’un million de Canadiens et de Terre‑Neuviens ont servi sur terre, sur mer et dans les airs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les soldats canadiens ont participé pour la première fois aux combats en décembre 1941 en défendant la colonie britannique de Hong Kong attaquée par les Japonais. Ils n’avaient littéralement aucune chance de remporter la victoire, mais ils ont refusé de se rendre jusqu’à ce que l’ennemi les capture. Bon nombre des survivants ont subi la torture, la famine et connu les travaux forcés dans les prisons japonaises.

Dans le théâtre européen, l’Armée canadienne a joué un rôle important en Italie, en Normandie, en Belgique et aux Pays‑Bas. C’est le 19 août 1942 que les soldats canadiens ont mis le pied sur le continent européen dans le cadre d’un raid contre le port français de Dieppe. Le but de cet assaut était de mettre à l’essai l’équipement et les tactiques en prévision de la grande invasion alliée qui devait avoir lieu en 1944. Bien que des leçons essentielles aient été retenues de ce raid, 916 Canadiens y ont laissé la vie, 3 367 ont été blessés et 1 946 ont été fait prisonniers. En juillet 1943, les régiments canadiens ont pris part au débarquement amphibie des Alliés en Sicile, dont le but était d’ouvrir un deuxième front contre l’Allemagne et de détourner les forces allemandes de la Russie. Les Canadiens ont remonté l’Italie continentale, franchissant bon nombre d’ouvrages de défense allemands, mais ils en ont payé le prix : 5 900 soldats tués et 25 000 blessés. Le 6 juin 1944, les soldats canadiens débarquaient sur Juno Beach dans le cadre de l’invasion de la Normandie et ce sont eux qui ont progressé le plus loin dans les terres cette journée‑là. Ils ont fini par rompre un engagement sans issue à Caen et se sont battus sur le flanc nord des Alliés durant la percée en Belgique et en Hollande, puis en Allemagne. Ils ont libéré de nombreuses villes portuaires des Pays‑Bas et ont accepté la capitulation des Allemands. L’Armée canadienne se trouvait en Allemagne à la fin de la guerre et elle a fourni des soldats à l’armée d’occupation.

Durant la Seconde Guerre mondiale, plus de 45 000 Canadiens sont morts et 55 000 ont été blessés. Parmi les soldats tués, 24 500 servaient dans l’Armée canadienne. Par ailleurs, la création du Service féminin de l’Armée canadienne en 1941 a marqué l’histoire de la participation des femmes aux Forces armées canadiennes et a mis la table pour l’intégration des femmes dans les forces armées après la guerre.

Histoire officielle de la participation de l'Armée canadienne à la Seconde Guerre Mondiale:

La Guerre froide, la guerre de Corée et les opérations de soutien de la paix (1947-1990)

Peu après la Seconde Guerre mondiale, les tensions ont commencé à monter entre les pays démocratiques et les pays communistes, ce qui a mené à la Guerre froide (1947-1991). Pendant cette période, la politique étrangère du Canada a mis l’accent sur la collaboration internationale et les institutions multilatérales et il a été l’un des membres fondateurs de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1945 et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949. S’étant engagé à appuyer la défense des pays de l’OTAN, le Canada a mobilisé des compagnies à partir de plusieurs unités de la milice et il a aussi mis sur pied des régiments de la Force régulière pour dépêcher des soldats en Europe. Lorsque des soldats canadiens et leurs familles ont été affectés à la BFC Lahr, en Allemagne de l’Ouest, jusqu’au début des années 1990, des liens solides ont été forgés avec les habitants de villes comme celle de Soest dans la Rhénanie.

À la suite de l’invasion de la Corée du Sud par les forces communistes en 1950, l’ONU a autorisé une intervention militaire internationale. Au total, 16 pays ont fourni des soldats pour la mission et plus de 26 000 Canadiens ont servi en Corée. Certains des combats les plus durs auxquels les soldats canadiens ont participé sont survenus pendant la bataille de Kapyong en avril 1951 lorsqu’ils ont contribué à repousser un assaut des Chinois qui aurait pu entraîner l’effondrement du front central de l’ONU. Au total, 516 Canadiens sont morts pendant la guerre de Corée (1950-1953).

Histoire officielle de l'Armée canadienne en Corée: Singulier champ de bataille

L’Armée canadienne a également joué un rôle prépondérant durant les opérations de maintien de la paix de l’ONU pendant la deuxième moitié du 20e siècle. En fait, les Canadiens ont pris part à la première mission de maintien de la paix de l’ONU durant la crise du canal de Suez. Depuis, plus de 125 000 Canadiens ont participé à des opérations de soutien de la paix dans plus de 35 pays au sein des Forces opérationnelles multinationales de l’ONU, de l’OTAN et d’autres organisations. Plus de 120 Canadiens sont morts pendant ces missions de maintien de la paix. De nos jours, des contingents de l’Armée canadienne continuent de participer aux opérations de soutien de la paix.

La première guerre du Golfe (1990-1991)

Après l’invasion du Koweït par l’Iraq en août 1990, l’ONU a autorisé le recours à la force militaire pour libérer le Koweït. Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont dirigé une coalition formée de 35 pays, dont plus de 4 000 marins, soldats et aviateurs canadiens. Comme cette opération faisait appel surtout aux forces navales et maritimes, la principale contribution de l’Armée canadienne a pris la forme d’un hôpital de campagne. Cependant, après la guerre, des soldats canadiens ont été dépêchés en Arabie saoudite au sein de la Mission d’observation des Nations Unies pour l’Iraq et le Koweït durant laquelle ils ont assuré le maintien de la paix. Une unité de génie et d’autres membres du personnel ont été dépêchés dans une zone de séparation entre les deux pays où ils ont fourni des services de construction et de déminage.

L’Afghanistan (2001-2014)

Après les attaques menées contre les États‑Unis le 11 septembre 2001, l’ONU et l’OTAN ont appuyé les opérations militaires en Afghanistan, pays qui avait accueilli l’organisation terroriste al-Qaeda responsable des atrocités. La campagne en Afghanistan a été la plus longue guerre de l’histoire militaire du Canada et quelque 40 000 membres des Forces armées canadiennes ont servi dans ce théâtre d’opérations.

Les Forces spéciales canadiennes ont été les premières à être déployées en Afghanistan en décembre 2001 afin d’appuyer une force opérationnelle multinationale. Les membres de la Force régulière de l’Armée de terre sont arrivés en janvier 2002 à Kandahar où ils ont combattu pour renverser le régime des talibans et mettre un terme aux opérations terroristes. Après la chute des talibans, l’attention s’est tournée vers le rétablissement d’un gouvernement afghan, et en 2003, les soldats canadiens ont déménagé dans la capitale, Kaboul, pour mener des activités relatives à la sécurité, au perfectionnement et à l’instruction.

En 2005, les Canadiens sont retournés à Kandahar pour entamer des opérations plus offensives afin de contrer la reprise des activités des talibans. Les soldats ont engagé régulièrement les combattants ennemis tout en appuyant les efforts régionaux de reconstruction. L’infanterie, l’artillerie et les chars canadiens ont participé à un grand nombre d’opérations terrestres à Kandahar, dont la plus importante a été l’opération MEDUSA. Cette offensive qui a eu lieu en septembre 2006 avait pour but d’expulser les talibans du district de Panjwayi; plus de 1 000 Canadiens y ont participé, ce qui en fait la plus grande opération de combat du Canada en plus de 50 ans. Les soldats canadiens ont continué de combattre en Afghanistan jusqu’en 2011.

De 2011 à 2014, les soldats canadiens ont formé l’armée et la police afghanes, principalement à Kaboul. Au total, 158 Canadiens sont morts en Afghanistan et environ 2 000 autres ont été blessés.

Les Canadiens ont participé à la Journée nationale de commémoration le 9 mai 2014 afin de souligner la fin de la mission militaire du pays en Afghanistan.

L’héritage des Forces armées canadiennes en Afghanistan

Le Canada en Afghanistan – Anciens Combattants Canada

L’Armée canadienne d’aujourd’hui

L’Armée canadienne est la composante terrestre des Forces armées canadiennes et la plus grande des trois armées, les deux autres étant la Marine royale du Canada et l’Aviation royale du Canada. Grâce aux programmes mis en place dans les bases, les manèges militaires et les centres d’instruction de l’ensemble du pays, l’Armée canadienne produit des soldats qui sont bien équipés, bien dirigés et prêts à participer à des opérations au pays comme à l’étranger. En effet, les soldats canadiens s’entraînent en prévision d’un vaste éventail de scénarios et ils sont prêts à intervenir. Les unités de l’Armée canadienne relèvent du Commandement des opérations interarmées du Canada pour ce qui est des missions nationales ou expéditionnaires.

L’Armée canadienne comprend les éléments ci‑dessous :

  • Les 2e, 3e, 4e et 5e Divisions du Canada qui représentent les formations de l’Armée de terre au Québec, dans l’ouest du Canada, en Ontario et dans la région de l’Atlantique respectivement. Les divisions ont la responsabilité de fournir des forces terrestres prêtes au combat, de donner un entraînement polyvalent et d’offrir des services de soutien à d’autres organisations, sur demande;
  • Le Centre de doctrine et d’instruction de l’Armée canadienne qui est chargé de planifier et de gérer le programme d’instruction de l’Armée canadienne;
  • Les Rangers canadiens, une sous‑composante de la Réserve des Forces armées canadiennes, qui appuient les missions visant la sécurité nationale et la sécurité du public dans les régions nordiques, côtières et isolées du Canada.

À l’heure actuelle, l’Armée canadienne comprend 22 800 membres de la Force régulière (des militaires de carrière à temps plein), 18 700 membres de la Réserve (des citoyens‑soldats à temps partiel), 5 000 Rangers et 4 500 employés civils. Les soldats font partie d’un grand nombre de groupes professionnels différents : le Corps blindé royal canadien, le Régiment royal de l’Artillerie canadienne, le Corps du génie royal canadien, le Corps des transmissions du Canada, le Corps d’infanterie royal canadien, la logistique, le Service de santé royal canadien, le Corps dentaire royal canadien, le Corps du génie électrique et mécanique canadien, le Service de l’Aumônerie royale canadien, la Police militaire, le personnel juridique, les musiciens, le personnel chargé de la sélection du personnel et du développement de l’instruction, les affaires publiques, le personnel du renseignement, ainsi que les membres du Cadre des instructeurs des Cadets royaux de l’Armée canadienne.

Les soldats canadiens sont originaires de toutes les régions du pays et ils reflètent à bien des égards la société canadienne. L’Armée canadienne est fière de la participation de ses soldats aux activités communautaires qui ne font pas partie de son mandat de défense. Les unités organisent des événements pour commémorer le passé, promouvoir l’esprit de corps et honorer le patrimoine canadien. Les citoyens canadiens peuvent interagir avec leurs soldats, notamment lors de défilés, de festivals et de concerts. C’est principalement grâce aux citoyens‑soldats de la Force de réserve du Canada que l’Armée canadienne est représentée dans presque toutes les régions du pays.

Histoire des opérations

Commandement des opérations interarmées du Canada : Opérations passées

Direction de l’histoire et du patrimoine Base de données des opérations

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