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Contamination des champs de tir et des secteurs d’entraînement de l’Armée de terre : comprendre le passé et protéger l’avenir

Questions et Résponses

Résumé

Les nombreuses activités militaires qui se déroulent dans les champs de tir et les secteurs d’entraînement ont contaminé, au fil du temps, ces installations, depuis aussi loin dans certains cas que la Première Guerre mondiale. En raison de la réglementation laxiste et de l’accès restreint du public aux champs de tir et aux secteurs d'entraînement (CTSE), les effets de cette contamination ont été grandement ignorés de la population et, jusqu’à tout récemment, généralement inconnus des militaires. Avec le renforcement des lois, l’urbanisation à proximité des CTSE et les préoccupations à propos des probabilités que les contaminants migrent à l’extérieur des bases, il est impératif que l’Armée de terre comprenne et gère les risques associés à la contamination des CTSE afin d’assurer la viabilité à long terme de ces installations stratégiques. À cet égard, les responsables du Programme environnemental de l’Armée de terre ont terminé la première phase d’un système de gestion des CTSE en caractérisant les effets environnementaux de six grandes installations de l’Armée de terre, obtenant en fin de compte une approche rigoureuse et scientifique envers la gestion des risques et l’atténuation des effets.

Contexte

En 2000, le Directeur de l'environnement de l'Armée de terre (DEAT) donnait à Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) – Valcartier le mandat d’entreprendre un programme de recherche en collaboration avec l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), afin d’étudier la présence des résidus de munitions dans le sol et dans les eaux souterraines des champs de tir d’entraînement militaire. Le présent rapport renferme les conclusions de dix années de caractérisation des champs de tir et des secteurs d'entraînement (CTSE) de six bases de l’Armée de terre. Les résultats sont présentés selon le type de champ de tir et fournissent des renseignements clés qui permettront d’éclairer les décisions de gestion. Le rapport renferme également un aperçu de la source des principaux contaminants préoccupants découverts dans les champs de tir militaires, de leurs effets sur la santé humaine et des recommandations en vertu desquelles ils sont réglementés.

Résultats

Dans la plupart des CTSE, les résidus de munitions ne se trouvent généralement pas aux niveaux préoccupants. Les champs de tir de grenades et les parcours de combat renferment une concentration relativement faible de résidus de munitions. Les munitions explosives non explosées (UXO) sont la cause de la majorité des problèmes environnementaux identifiés dans les champs de tir d’entraînement du Canada. Les procédures d’explosion sur place, les munitions explosives non explosées fêlées et les détonations incomplètes rejettent des matières énergétiques dans l’environnement. Les résidus d’agent propulsif rejetés aux postes de tir sont une autre source de contamination de l’eau et du sol pour les champs de tir caractérisés. On a découvert, dans les champs de tir d’armes légères, des niveaux de métaux lourds supérieurs aux recommandations, notamment du plomb, de l’antimoine et du cuivre, dans des échantillons de sol pris aux postes de tir et dans les talus.

Initiatives en cours

Tables de brûlage d’agents propulsifs

Un certain nombre d’initiatives concrètes ont déjà été mises en place pour réduire les effets de la contamination dans les CTSE. En 2011, l’Armée de terre a déployé dans les champs de tir de tout le pays, des tables de brûlage d’agents propulsifs de pointe. Dans le passé, les agents propulsifs non utilisés dans les postes de tir étaient brûlés directement sur le sol, conformément aux instructions permanentes d'opération et dans le but d’éviter de transporter inutilement des matières dangereuses. Avec l’aide de R et D pour la défense Canada, l’Armée de terre a conçu des tables écologiques qui brûlent les agents propulsifs non utilisés au dessus du sol, empêchant ainsi que des produits chimiques nocifs n’atteignent les eaux souterraines.

Conception de champs de tir pour armes légères

Des conceptions nouvelles et novatrices de champs de tir pour armes légères sont élaborées et mises à l’essai dans plusieurs bases de l’Armée de terre. Certaines conceptions techniques permettent, depuis quelque temps, de recueillir les cartouches dans des boîtes à mégots. Toutefois, le plomb qui s’échappe de ces douilles a tendance à s’écouler dans les eaux souterraines. Parmi les approches nouvelles, simples, efficaces et peu coûteuses, notons la compréhension des caractéristiques de l’écoulement de l’eau de pluie, le captage et le détournement de l’eau contaminé au plomb et l’utilisation de divers matériaux qui facilitent l’enlèvement des douilles avant que le plomb ne s’échappe.

Charges formées destinées à la destruction de munitions explosives non explosées

On a constaté que les procédures d’explosion sur place des UXO renfermant un agent explosif C4 libéraient des matières explosives dans l’environnement, en particulier des concentrations de RDX tirées de blocs d’explosif C4 non confinés. L’Armée de terre envisage d’utiliser les charges formées commerciales existantes et modifiées qui permettront d’augmenter la température et la pression de la détonation suffisamment pour détruire entièrement les résidus explosifs.

Activités à venir

Des solutions à long terme visant à régler les principaux problèmes environnementaux découverts dans les CTSE sont en cours d’élaboration. Des techniques novatrices d’assainissement, de nouvelles conceptions des champs de tir, des pratiques d’entraînement militaire plus écologiques, des outils de modélisation des eaux souterraines et des armes modifiées plus écologiques sont élaborés dans le but de réduire les effets à long terme des rejets dans l’environnement. Ces travaux évolueront en fonction des prochains résultats en matière de caractérisation et de la mise en place de nouvelles mesures d’atténuation.