Défense nationale
Gouvernement du Canada

Fiches de Renseignements - Réintroduction du wapiti à la BFC Suffield

But

La réintroduction du wapiti dans l’écosystème de la Base des Forces canadiennes (BFC) Suffield démontre que les Forces canadiennes (FC) peuvent assurer un entraînement militaire réaliste tout en maintenant et en améliorant la diversité biologique.

Introduction

Les habitats immenses de la BFC Suffield sont peuplés par des espèces végétales et fauniques diversifiées, dont certaines sont rares ou menacées d’extinction. La région de la BFC Suffield est l’une des plus grandes zones intactes de graminées courtes d’Amérique du Nord. On y trouve également l’antilope Amérique, le cerf-mulet, le coyote, de même que la chevêche des terriers (Speotyto cunicularia), oiseau menacé d’extinction.


Une importante population
de chevaux sauvages broutaient
dans les plaines de la Base.

Il y a quelques années, une importante population de chevaux sauvages (issus de chevaux domestiques relâchés ou échappés) broutaient dans les plaines de la Base. Le broutage excessif exercé par des centaines de chevaux sauvages a entraîné une importante détérioration de certaines portions des habitats riverains et, en particulier, des écosystèmes plus vulnérables de la zone des Middle Sand Hills de la réserve nationale de faune. Afin de protéger la santé et l’intégrité à long terme de cet habitat, il fut décidé en 1993 d’expulser les chevaux des secteurs d’entraînement.

Contexte

Suite à l’expulsion des chevaux sauvages, les responsables de la base pouvaient alors considérer la réimplantation d’une autre espèce. Le but principal était de maintenir un équilibre dans l’écosystème de prairie qui couvre les 2 690 kilomètres carrés de la zone d’entraînement.

Plan

Le projet de réintroduction du wapiti à la BFC Suffield a vu le jour en 1994. Le wapiti, qui était présent sur la Base quelques décennies auparavant, était l’espèce toute désignée, notamment du fait que sa population se régule par elle-même. En effet, contrairement aux chevaux sauvages, un certain nombre de wapitis migreront vers d’autres territoires si le milieu ne parvient plus à nourrir la population.

De plus, le parc national Elk Island, en Alberta, créé en 1906 afin de protéger les 24 derniers wapitis du Manitoba, était sur le point d’être surpeuplé. En effet, la population de wapitis atteignait en 1994 près de 1 700 individus. Il a donc été décidé d’utiliser les wapitis excédant la capacité du parc pour repeupler les secteurs d’entraînement de la BFC Suffield.

Enjeux

En dépit des activités militaires, ce sont les caractéristiques géographiques des secteurs d’entraînement de la BFC Suffield qui soulevaient le plus d’interrogations quant à la réussite de la réintroduction du wapiti. Comparativement au parc national Elk Island, qui est une région boisée, les secteurs d’entraînement de Suffield ne comportent pratiquement pas d’arbres. En outre, le parc national reçoit d’importantes précipitations favorisant le développement des arbres et des plantes de sous-bois, alors que la zone d’entraînement de la BFC Suffield est une région semi-aride. La base offrait donc aux wapitis la nourriture, l’eau et l’espace nécessaires, mais n’avait pas d’arbres pour assurer un couvert.

Outre le changement géographique, le wapiti devait s’adapter à une région où des groupes de combat blindés s’exercent au tir réel. L’Armée britannique utilise près de 60 % des secteurs d’entraînement de la BFC Suffield pour l’entraînement sur les blindés. Cette importante zone est nécessaire pour l’établissement des périmètres de sécurité requis pour le tir réel d’artillerie et de chars britanniques, qui ont une portée de tir effective se comptant en kilomètres.

Les secteurs d’entraînement de la BFC Suffield sont occupés par des groupes de combat britanniques comprenant jusqu'à 1 200 soldats ainsi qu’environ 180 scientifiques, techniciens et employés de soutien du Centre de recherches de la Base. Par ailleurs, on y trouve plus de 4 000 puits de pétrole et de gaz en exploitation, 1 600 sites d’intérêt archéologique, 5 000 têtes de bétail et des centaines de cerfs et d’antilopes.

Solution

220 wapitis introduits dans les secteurs d’entraînement
220 wapitis
introduits dans les secteurs
d’entraînement

En février 1997, en collaboration avec le gouvernement de l’Alberta et le Service canadien de la faune, on procédait à une première réintroduction expérimentale de wapitis afin de déterminer si le projet était viable. Compte tenu de l’intensité des activités dans les secteurs d’entraînement, de nombreuses personnes pensaient que le wapiti ne resterait pas dans la région au-delà de l’été 1997. Pour faciliter la réimplantation de l’espèce, il a donc été décidé de relâcher les 132 premiers wapitis trois mois avant l’arrivée des premières troupes et de leur fournir de la nourriture pour les inciter à rester. Certains wapitis ont été munis de colliers émetteurs afin de pouvoir suivre leurs déplacements.

Malgré le changement d’habitat, il semble que l’absence de perturbation et de prédateurs a permis aux wapitis de s’établir facilement, un peu à l’image de ce qui s’était produit lors de leur introduction au parc national Elk Island. Le premier groupe de wapitis a démontré une bonne adaptation à son nouvel habitat. Peu après leur transfert, les wapitis avaient appris à tirer profit du relief onduleux de la prairie pour se mettre à couvert. Ils utilisaient en outre les zones marécageuses pour mettre bas, se cacher et se garder au frais pendant l’été.

Devant les résultats de la première année, il a été décidé d’introduire davantage de wapitis dans la région. Ainsi, en février 1998, 90 autres wapitis (50 adultes et 40 individus de moins d’un an) ont été relâchés. Les militaires estimaient que cet ajout à la harde initiale augmenterait les chances de réussite de l’établissement du wapiti dans la région et apporterait une diversité génétique. L’introduction supplémentaire a eu lieu sans problème, et les nouveaux venus se sont intégrés en quelques jours aux hardes déjà formées.

Résultats

De 220 wapitis introduits dans les secteurs d’entraînement au cours de ces deux années, la population s’est agrandie pour compter maintenant plus de 450 individus. On estime qu’environ huit d’entre eux ont changé de territoire la première année. La majorité des wapitis sont restés en hardes de dix à quarante individus répartis dans les portions centrale et septentrionale de la Base.

Après deux printemps de mise bas, on estime qu’au moins 200 wapitis sont nés dans la zone d’entraînement militaire, et que la majorité d’entre eux l’ont adoptée comme lieu de vie. Aucun wapiti n’est retourné dans le parc national. Certains individus ont toutefois quitté la prairie pour s’établir ailleurs. Les wapitis qui ont quitté les secteurs d’entraînement ont migré dans toutes les directions, certains ayant abouti aussi loin qu’au centre de la Saskatchewan ou encore dans les Rocheuses, tout juste au nord de Calgary.

Conclusion

L’établissement d’un troupeau viable de wapitis à la BFC Suffield semble sur la bonne voie. Le wapiti s’est bien adapté à l’environnement. Les responsables de la Base, de même que le Service canadien de la faune, continueront à suivre l’évolution de la population de wapitis et à surveiller son incidence sur le milieu.

Télécharger une version PDF de ce document (836 kb - Fichier PDF Adobe)

Télécharger Adobe PDF Reader. Veuillez noter que ceci est un lien externe.