Défense nationale
Gouvernement du Canada

BFC Suffield réserve nationale de faune

Objectif

Le ministère de la Défense nationale (MDN) et Environnement Canada (EC) ont créé la réserve nationale de faune de la Base des Forces canadiennes (BFC) Suffield. La désignation de cette zone de 458 kilomètres carrés de prairies naturelles relativement intactes, comme réserve dans le cadre de la Loi sur les espèces sauvages du Canada, contribue à réaliser les objectifs environnementaux des deux ministères et témoigne de l’engagement de bonne intendance du gouvernement à l’égard de l’environnement. Elle garantit que les terres en question seront dorénavant protégées et administrées comme habitat faunique naturel par le gouvernement fédéral.

Introduction

Des dunes, d’anciennes coulées glaciaires, ainsi que les rives et les escarpements de la rivière Saskatchewan SudLa réserve nationale de faune de la BFC Suffield est constituée d’un ensemble rare de prairies d’intérêt national, comprenant des dunes, d’anciennes coulées glaciaires, ainsi que les rives et les escarpements de la rivière Saskatchewan Sud. Bien qu’il s’agisse d’une zone d’entraînement militaire, le MDN en reconnaît le caractère écologiquement sensible et l’administre dans cet esprit depuis plusieurs dizaines d’années, avec la collaboration et les conseils d’EC.

Cette région est l’une des plus grandes superficies de prairie dans l’Ouest canadien, et son intégrité écologique n’a presque pas été entamée par l’activité humaine. Alors que l’urbanisation, le développement industriel et la conversion de pâturages en terres cultivées ont fragmenté bon nombre de sous-régions des Prairies, la BFC Suffield abrite toujours des plantes indigènes variées et une grande diversité d’espèces animales.

Trois facteurs rendent cette région unique : sa situation proche des limites nord des prairies du centre du continent, ses prairies éoliennes et sa végétation relativement intacte. Ces facteurs mettent en relief l’importance de la région comme habitat faunique naturel digne de grands efforts de conservation.

La création de la réserve nationale de faune de la BFC Suffield illustre de façon concrète l’engagement de l'Armée canadienne à l’égard de la gérance de l’environnement et souligne qu’il est possible de mener des activités militaires tout en participant à la protection et à la conservation de l’environnement.

Faits

Les prairies et les rivières naturelles sont parmi les écosystèmes les plus en danger dans les Prairies canadiennes; seulement 6 % des prairies naturelles n’ont toujours pas été touchées par l’activité humaine. Ainsi, la réserve nationale de faune de la BFC Suffield jouera un rôle important comme refuge nordique pour les espèces sauvages endémiques des Prairies.

Historique

En 1922, on a établi temporairement un parc national dans la région afin d’offrir une aire d’hivernage à la population en déclin d’antilopes des Prairies. Après le rétablissement de l’espèce, le parc a été aboli en 1938.

En 1941, le MDN a obtenu le contrôle administratif de la région de Suffield pour effectuer des recherches. Lorsqu’en 1971 la BFC Suffield a été affectée à l’entraînement militaire, les zones comprenant aujourd’hui la réserve nationale de faune ont été désignées zones de protection écologique, et leur utilisation a été restreinte.

En 1992, le MDN et EC ont signé un protocole d’entente en vue d’établir la réserve nationale de faune. Bien qu’elle ait été traitée dans les faits comme une réserve depuis ce temps, ce n’est qu’en 2003 qu’on l’a officiellement désignée comme telle.

La création de la réserve nationale de faune de la BFC Suffield confirme l’importance que le gouvernement fédéral accorde à la valeur écologique de cette région et son engagement à la protéger.

Importance écologique

On a répertorié dans la réserve nationale de faune de la BFC Suffield plus de 1 100 espècesOn a répertorié dans la réserve nationale de faune de la BFC Suffield plus de 1 100 espèces, dont 244 espèces de vertébrés, 462 espèces végétales et 436 espèces d’invertébrés. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a désigné 14 de ces espèces comme « espèces en péril ». Parmi elles, mentionnons le renard véloce et le Pipit de Sprague (un oiseau). On y trouve aussi 78 espèces animales et végétales figurant dans le document Status of Alberta Wildlife 2000 en tant qu’espèces « en péril » ou « sensibles » à cause de la diminution de leurs populations.

Un projet d’inventaire écologique entrepris conjointement par le MDN et EC a déterminé la richesse en espèces, la diversité en espèces régionales, la qualité de l’habitat et l’intégrité écologique générale des terres visées. Considérant la menace qui pèse actuellement sur les écosystèmes indigènes et sur les morphologies de terrain uniques qui les accompagnent, la désignation de cette région d’importance nationale comme réserve nationale de faune assurera la protection essentielle de l’habitat d’espèces animales et végétales en péril et renversera les tendances à la destruction et à la fragmentation de l’habitat en accroissant les superficies protégées hors des parcs nationaux.

Avantages

Cette initiative contribuera à remplir les engagements pris par le Canada dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique et de l’Accord national pour la protection des espèces en péril, et à satisfaire d’autres objectifs de conservation. De plus, elle améliorera le réseau de réserves nationales de faune dans les Prairies, qui comprend les réserves de la Dernière-Montagne et de St. Denis, toutes deux en Saskatchewan.

La réserve nationale de faune de la BFC Suffield crée un bloc d’habitats de prairie suffisant pour faire vivre toute la gamme des espèces végétales et animales des prairies endémiques de la région. Elle fournit un habitat sûr où les espèces pourront se reproduire et repeupler les régions environnantes des Prairies actuellement touchées par le développement et la croissance démographique. On s’attend à mieux comprendre la réaction de l’écosystème des Prairies à la gestion et à la protection de l’habitat naturel grâce à la création de cette réserve. Ce savoir sera mis à la disposition du public afin de favoriser la gestion régionale des paysages.

L’établissement d’une réserve nationale de faune aura une incidence sur tous les nouveaux projets d’utilisation des terres dans la région, qu’il s’agisse de projets de gestion des eaux, d’extraction de ressources naturelles ou de développement agricole. Comme de nouvelles activités risqueraient de nuire à l’habitat faunique, elles seront soumise à un processus d’approbation et d’étude écologique obligatoire.

Administration

La réserve nationale de faune de la BFC Suffield demeure la propriété du MDN et relève de son autorité administrative aux termes d’une délégation d’autorité du ministre de l’Environnement en faveur du ministre de la Défense nationale. EC contribuera de façon ponctuelle à l’administration de la région par le MDN par ses conseils et son expertise en matière de recherche sur la faune et d’application de la loi. La collaboration interministérielle et la consultation sur le fonctionnement de la zone protégée continueront. On ne prévoit aucun changement majeur dans l’utilisation des terres.

Conclusion

La création de la réserve nationale de faune de la BFC Suffield établit un précédent dans la gestion interministérielle des terres et la conservation des écosystèmes en péril. Elle officialise la protection des espèces sauvages et de leur habitat et elle produira des résultats bénéfiques à la survie des espèces. Elle montre également que l'Armée canadienne peut faire preuve de leadership en matière d’environnement, participer au développement durable tout en réalisant sa mission et intégrer des considérations environnementales à l’Armée d’aujourd’hui de même qu’à celle de demain.

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