Défense nationale
Gouvernement du Canada

Fiches de Renseignements - Prévention de la pollution à l'USS Valcartier

But

De façon continue, les Forces canadiennes (FC) se font un devoir de poursuivre l’objectif suivant : respecter des normes militaires rigoureuses tout en exerçant une bonne gérance de l’environnement. L’élaboration de programmes de prévention de la pollution, comme ceux développés à l’Unité de soutien de secteur (USS) Valcartier, en est un bon exemple.

Introduction


Depuis longtemps, on se
sert de solvants ou de d
écapants chimiques pour
préparer les pièces
d’aéronef destinées
à être inspectées
ou peintes.

Depuis longtemps, on se sert de solvants ou de décapants chimiques pour préparer les pièces d’aéronef destinées à être inspectées ou peintes. Toutefois, les propriétés toxiques du méthyl éthyl cétone, produit utilisé pour nettoyer les pièces d’aéronef, représentent une menace sérieuse pour l’environnement. Le méthyl éthyl cétone, en plus de constituer un risque pour la santé, amplifie le problème de l’élimination des déchets dangereux. Aussi, pour lutter contre la pollution de l’environnement, il a été décidé de remplacer les décapants chimiques par un procédé moins dommageable.

Contexte

Enjeux

Le méthyl éthyl cétone, substance volatile et hautement toxique, est utilisé dans l’atelier de peinture de l’héliport de l’USS Valcartier pour diluer la peinture et décaper les pièces d’aéronef devant faire l’objet d’une inspection ou de travaux de peinture. Le nettoyage et l’enlèvement des résidus devenaient un processus laborieux et de plus en plus coûteux, comme en témoignent les quelques 2 300 litres de méthyl éthyl cétone utilisés chaque année à l’héliport de l’USS Valcartier.


Décapants chimiques;
il fallait donc trouver
une alternative.

En plus des coûts inhérents au décapage, les quantités d’eau et de solvant requises augmentaient sans cesse. Étant donné que le méthyl éthyl cétone est un produit cancérigène et que la production de déchets dangereux s’accroissait continuellement, il fallait donc trouver une alternative.

Options

À une époque où le progrès technologique permet de s’orienter vers des méthodes de décapage de peinture respectueuses de l’environnement, il était donc possible de considérer d’autres méthodes ne faisant pas appel à l’utilisation de solvants. Ces nouvelles méthodes devaient limiter les risques pour la santé découlant d’une exposition à des produits chimiques, diminuer les coûts du nettoyage et réduire de façon significative les conséquences néfastes sur l’environnement. À la suite d’un examen et d’essais approfondis, il est ressorti que l’utilisation d’un système abrasif à jet de billes de plastique constituait la solution de rechange la plus efficace pour nettoyer les pièces d’aéronef. L’appareil employé est similaire à une sableuse à jet de sable, sauf que le sable est remplacé par des billes de plastique, lesquelles enlèvent la peinture sans endommager le métal.

Avantages

L’abandon du décapage au moyen de solvants au profit du décapage par jet de billes de plastique présente de nombreux avantages, notamment : élimination de l’exposition aux agents chimiques, réduction du risque d’incendie et facilité d’entretien (composantes mécaniques accessibles et billes de plastique réutilisables). De plus, la décapeuse est peu encombrante et est munie d’un silencieux. Il convient de noter que le ministère de la Défense nationale a approuvé la technique du nettoyage par jet de billes de plastique, technique déjà utilisée par de nombreuses organisations civiles et militaires qui s’occupent de l’entretien d’aéronefs.

Résultats


Le nettoyage mécanique
s’est effectivement révélé
être plus rapide et
moins coûteux.

Le nettoyage mécanique s’est effectivement révélé être plus rapide et moins coûteux. À titre d’exemple, il faut habituellement entre 20 et 30 litres de solvant et une semaine de travail pour nettoyer une roue d’un avion-cargo de type Hercules CC-130. Or, pour obtenir le même résultat avec le système à jet de billes, seulement trois heures suffisent et aucun solvant n’est requis.

Toutefois, il est à noter que le système à jet de billes ne peut remplacer complètement l’utilisation de nettoyants chimiques. La grande dimension de certaines pièces d’aéronef est notamment l’une des limites à l’utilisation de cette technique de nettoyage. En fait, le décapage par jet de billes de plastique ne convient que pour environ 30 % des pièces à nettoyer. Ce nouveau système a quand même permis de réduire de 600 litres par année la consommation de méthyl éthyl cétone à l’héliport de Valcartier, par rapport aux 2 300 litres originellement utilisés.


Le décapage par jet
de billes

Par ailleurs, l’emploi de décapants chimiques amplifie le problème coûteux de la récupération et de l’élimination de grandes quantités de déchets dangereux (organiques et inorganiques) solides et liquides. Par contre, le décapage par jet de billes ne produit qu’environ 68 kg de déchets solides par mois. La décapeuse est dotée d’un séparateur à différentiel de poids pour récupérer les billes de plastique, qui peuvent être réutilisées au moins 15 fois. Il en résulte que le décapage par jet de billes réduit de façon significative les coûts d’élimination des déchets dangereux.

Conclusion

Le décapage par jet de billes de plastique peut remplacer avantageusement le décapage par des produits chimiques. De plus, dans un contexte de prévention de la pollution, le nettoyage mécanique est une solution efficace et souhaitable qui réduit de façon importante le risque pour la santé humaine et l’environnement. Il s’agit également d’une solution rentable qui ne nécessite qu’une superficie de plancher limitée.

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