Les Couleurs servent à rappeler les actes d'éclat d'un régiment et sont le symbole de l'esprit qui l'animait au moment de leur accomplissement. Quand les drapeaux étaient déployés en pleine campagne, on voyait souvent des soldats sacrifier héroïquement leur vie pour les défendre car ils étaient le point de ralliement du régiment qui, souvent, correspondait au lieu de leur dernier combat. Dans les Légions de la Rome ancienne, les étandards faisaient l'objet d'un culte. Le Pape Alexandre II a, dit-on, béni la banière de William Le Conquérant à la Bataille de Hasting en 1066.
Selon une ordonnance militaire datant de 1634, la première tâche d'un capitaine consistait à faire bénir son drapeau. Au Canada, la cérémonie de bénédiction s'effectue selon un rituel présidé par l'aumonier général et l'aumonier régimentaire ou un autre représentant du clergé affecté à cette tâche.
Vers la fin du XVIème siècle, le terme "Couleurs" a commencé à être utilisé pour désigner une bannière d'identification de couleurs distinctives. Dans son ouvrage intitulé Theoricks and Practike of Modern War, publié en 1589, Richard Barrett dit ceci: (Traduction)
"Nous les Britanniques, les avons récemment appelées "Couleurs" en raison de la gamme variée de couleurs qu'elles affichent..."
Comme les commandants de régiment n'étaient limités que par leur imagination dans la conception de leur bannières, on a assisté à un foisonnement de drapeaux impossible de par leur variété, leur nombre et leur nature. La situation a été régularisée en 1751, année où l'on a décidé, par un règlement de l'armée britannique, de limiter le nombre de drapeaux à deux par régiment: le premier, ou le drapeau du Roi et le deuxième, ou le drapeau régimentaire. Ce règlement a subsisté jusqu'à nos jours, mais les régiments de fusiliers n'ont pas de drapeaux. A l'origine, les fusiliers jouaient un rôle d'éclaireurs ou de tirailleurs, et devaient donc s'efforcer de passer inaperçus ce qui aurait été impossible avec le port d'une bannière colorée
Le deuxième drapeau a toujours été généralement connu sous le nom de couleur régimentaire mais ce n'est qu'en 1844 que ce nom a été reconnu officiellement.
Pourquoi avons-nous deux drapeaux? On rapporte que le Roi Georges VI a dit du drapeau du Roi qu'il s'agissait du symbole de la loyauté que les soldats doivent avoir envers leur pays. C'est donc le drapeau le plus important des deux. Il aurait dit du drapeau régimentaire que c'est celui qui témoigne de l'histoire, reflète les traditions et représente les idéaux (du régiment).
L'histoire regorge de description d'actes d'héroïsme accomplis pour défendre les drapeaux. Voici ce qu'on peut lire dans un ouvrage de Stanley C Johnson intitulé The Flags of Our Fighting Army à propos d'une situation typique: (Traduction)
"Prenez le cas du Lieutenant Anstruther, un jeune homme de 18 ans faisant partie des fusiliers gallois. Pour défendre le drapeau, il a gagné les traitres sommets d'Alma. Et alors qu'il était atteint d'un tir fatal, des mains empressées se sont emparées de l'emblème sans aucune hésitation pour qu'il ne tombe pas entre les mains de l'ennemi. Personne n'a pensé au danger qu'il courait pour sauvegarder la bannière précieuse, quoique révélatrice; tous les soldats étaient résolus à mourir plutôt que de se la faire arracher par l'ennemi. Et, disons-le, cinq hommes ont reçu la Croix de Victoria à Alma ce jour-là pour avoir défendu courageusement le drapeau
Heureusement, nous vivons à une époque où la sauvegarde des vies est plus précieuses que celle des drapeaux.. Des règles interdisent le port des couleurs au combat. Avant le combat, les drapeaux sont déposés au cours d'une cérémonie dans une chapelle ou dans un immeuble fédéral approprié où ils sont conservés jusqu'au retour du régiment.
La conception des drapeaux est régie par les ordonnances administratives des Forces canadiennes. Le drapeau de la Reine est conçu d'après le drapeau national et comprend la couronne d'Édouard le Confesseur et le monogramme royal "E II R". Le dessin de base du drapeau régimentaire varie selon qu'il s'agit d'un régiment de gardes, d'un régiment de Highland ou d'un régiment d'infanterie. Pour les régiments de gardes, c'est l'inverse: le drapeau national constitue la base du drapeau régimentaire avec, en surimposition, l'insigne de l'une des compagnies au lieu du monogramme royal; le dessin au centre du drapeau de la Reine est le même que celui qui figure sur l'étandard personnel du gouverneur général.
Les honneurs de batailles décorant la couleur régimentaire inclus: les honneurs remportés avant la Première Guerre Mondiale; un maximum de 10 honneurs gagnés durant chacun des deux conflits mondiaux; et un maximum de deux honneurs pour la guerre de Corée entre 1950 et 1953. Les Régiments de Gardes à Pieds ( Foot Guards) sont autorisés à porter leurs honneurs de batailles sur les deux couleurs. Les honneurs de batailles remportés par les régiments de fusilliers sont blazonnés sur les caisses que transportent leur musique ou sur les insignes de coiffure.
Le texte précédent est tiré du livre Ducimus, Les régiments de l'Infanterie canadienne p. 249-250 ISBN 0-9696421-0-5 Pour obtenir des copies de ce livre, contactez le: Commandant, École royale canadienne d'infanterie, BFC Gagetown, Oromocto (Nouveau-Brunswick) E0G 2P0
Au Régiment de la Chaudière, les Couleurs régimentaires sont traitées avec grand respect. Les Couleurs sont exposées dans le Musée du Régiment au manège militaire de Lévis. Les Couleurs ne sont déployées que lors des parades régimentaires ou lors du dîner régimentaire annuel des officiers. Lors du passage des couleurs, tous les militaires doivent se mettre à l'attention et saluer. C'est maintenant une tradition que lors des parades régimentaires, le lieutenant possédant le plus d'ancienneté dans l'unité est désigné porte couleur de la Couleur Royale et il est le commandant de l'escorte des Couleurs. Le lieutenant possédant le moins d'ancienneté est désigné porte couleur pour la couleur régimentaire. L'escorte est complétée par un adjudant ou un adjudant-maître et deux sergents. Seuls les officiers désignés à cette fin peuvent manipuler les Couleurs régimentaires. Après chaque parade régimentaire, selon la tradition, le commandant de l'escorte au drapeau offre un Calvados aux membres de l'escorte que tous prennent cul-sec en disant:
en souvenir du 6 juin 1944."A LA NORMANDIE"
Les archives du Régiment concernant la bande de couleurs sont très vagues. Cependant, les écrits du capitaine (Abbé) Turmel nous permette de comprendre que les couleurs choisies, le furent pour rendre hommage à son Éminence le cardinal Jean-Marie Rodrigue-Villeneuve, Archevêque de Québec, qui aida le Régiment à recruter dans les régions rurales du Québec, jusqu'à ce que l'objectif de guerre du Régiment soit atteint soit, près de 900 hommes en août 1940. Les couleurs sont :
qui sont les couleurs des prélats choisies par le Pape pour être membre du Sacré Collège (Conclave). Étant une unité rurale canadienne française, le Régiment entretenait des liens très étroits avec l'Église catholique romaine du temps, ce qui explique ce choix. Le dessin original, apparaissant sur le casque, est la réalisation du lieutenant Raymond Beaudet, alors officier au Régiment.
Marquage du casque d'acier
Le marquage sur les casques d'acier, était d'usage commun avant le 2ème Guerre Mondiale. Souvent, l'insigne régimentaire ou divers emblèmes étaient peints ou transférés (décalcomanie) normalement sur le côté gauche du casque. On permit de poursuivre cette coutume durant la guerre, en autant que les ordres et dispositions de l'unité soient respectés. Les marquages comprenaient entre autres : l'insigne régimentaire, l'écusson de l'unité, du lettrage et/ou des bandes de couleurs, dans le but d'un usage distinctif.
C'est au environ de 1942, en Angleterre, là où le Régiment était stationné, que l'on vu apparaître le marquage sur le casque pour la première fois.
Références : Archives Le Musée Le Régiment de la Chaudière
Aere Perennius fut suggérée par le major Gavan Power et elle est tirée d'un vers du poète latin Horace. On peut la traduire par: " Plus solide que l'airain"
1. Momentum exegi aere perennius.
Hor., Liv III, Odes
"J'ai achevé un monument plus durable que l'airain"
Premier vers de la 3ème et dernière ode du III ème livre des odes d'Horace. Le poète terminant le recueil de ses 3 premiers livres, promet à son oeuvre l'immortalité.
Les membres du Régiment de la Chaudière forment un bloc solide tel que le préconise notre devise.
Lorsque vint le choix de l'écusson et des insignes destinés aux uniformes, on songa à utiliser des éléments provenant des insignes du 5th Machine Gun batallion et du Régiment de Dorchester et de Beauce. Mais après bien des essais, le lieutenant-colonel Reiman proposa l'insigne tel que nous la connaissons aujourd'hui. Celle-ci fut approuvée par le Roi Georges VI le 1 juillet 1938.
Voici la description officielle:
Deux mitrailleuses Vickers croisées surmontées du castor supportant une fleur de lys. En dessous, une banderole sur laquelle est inscrite la devise AERE PERENNIUS, et une petite feuille d'érable sur chaque extrémité de la banderole et qui se traduit par "Plus solide que l'airain".
De plus, il était spécifié que les mitrailleuses apparaissant sur les insignes des uniformes de cérémonie devaient être en argent et le reste en métal doré. Quand aux insignes des uniformes de travail, ils devaient être entièrement en bronze.
Signification de l'insigne:



La chanson du Régiment de la Chaudière ne fut pas reconnue officiellement durant la deuxième guerre mondiale, mais elle fut utilisée la première fois à cette époque. Les archives du Régiment disent que l'auteur des paroles de la chanson aurait été le major C. Taschereau. Lors des parades, Sambre et Meuses est toujours jouée à l'approche d'un point de salut.
En 1984, Le Régiment de la Chaudière fut autorisé à utiliser Le jour le plus long, " The longest day" comme deuxième marche régimentaire en raison de sa participation au Débarquement de Normandie. De plus, il est noté que Notre-Dame du Canada était un autre hymne chanté par les gars de la Chaudière lors de services religieux.
Marche régimentaire (sur l'air de Sambre et Meuses de Franquet)
En pensant aux exploits des ancêtres
À nos grognards, à nos poilus (poilus)
Le Canada tout entier peut-être
Veut que nous prouvions nos vertus
Mais nous partirons du pied gauche
Vers le devoir qui nous attend
Et si la mitraille nous fauche
Nous lui répondrons en chantant.Refrain
Le Régiment de la Chaudière
Marche toujours au cris de liberté
Cherchant la route d'une âme fière
Qui conduira à l'immortalitéEn marchant dans chaque colonie
Où l'on chante ce beau refrain
C'est comme un écho de la patrie
Qui nous suit le long du chemin
Le soir sous un rayon de lune
Un canadien rêvant d'amour
Le siffle en pensant à sa brune
Pour laquelle il compte les jours
Le jour le plus long (The longest day)
Nous irons au coeur du monde
par la foudre et le canon
en comptant chaque seconde
car ce jour est le plus longSous le fer et la mitraille
des milliers se coucheront
et le soir de la bataille
des milliers se compterontLe jour est long, le jour est long,
et la peur est tout au long,
et l'espoir est tout au fond
et les cris font des millions.Refrain
Nous irons vers la victoire
par le sang des compagnons
qui ont fait marcher l'histoire
en mourrant pour le jour le plus long.
Le Calvados est un alcool réputé dérivé du cidre titrant de 40 à 70 degrés qui se déguste soit en milieu de repas, sur un sorbet à la pomme, soit en digestif après un bon repas.
C'est lors de son passage en Normandie que le Régiment de la Chaudière adopta le Calvados comme boisson régimentaire. Tout au long de la guerre, des rations de Calvados étaient distribuées aux gars du Régiment qui le prenait dans les caves et les tranchées à l'abri du tir ennemi.
Une anecdote veut que durant le guerre un certain Jeep dont nous garderons le nom du propriétaire dans l'anonymat, aurait eu deux "jerry can" à essence, l'une remplie comme il se doit d'essence et l'autre aurait été remplie de Calvados.
La tradition au Régiment de la Chaudière veut que le toast au Calvados soit toujours porté à la Normandie en souvenir de la participation de l'unité au débarquement. De plus, il est à noter que la façon de boire le Calvados est le trou Normand soit cul sec. Tous les membres du Régiment lèvent leur verre et disent:
A LA NORMANDIE!
Par la suite, ils font cul sec.
Trophée Adjudant-chef Gilles Lévesque CD
Au cours du mois de septembre 1987, les sergents-majors de compagnie et le sergent-major régimentaire se sont penchés sur un projet de trophée pour les sous-officiers qui pourrait être remis annuellement aux Fêtes Régimentaires.
1988 a marqué la première année où il fut remis et c'est avec une grande fièreté que ce trophée a été institué en mémoire de l'adjudant-chef Gilles Lévesque, CD pour son dévouement au Régiment et le courage qu'il a su démontrer lors de ses dernières années.
Ce trophée est remis annuellement à un sous-officier du Régiment de la Chaudière pour son assiduité, son comportement, son leadership, sa loyauté, sa discipline et son implication au Régiment.
Trophée Soldat L.V. Roy
Vers 02h00 le 7 juin 1944, une vingtaine de chars blindés allemands venant en direction de Cairon pénétraient sur une route gardée de chaque côté par la compagnie A du Régiment de la Chaudière.
L'alerte fut donnée et un duel de feu commença. Deux canons anti-chars en support de la compagnie A les engagèrent immédiatement mettant à tout coup hors d'action un char blindé ennemi.
Les allemands décidèrent de faire l'assaut des canons. Les allemands étant en plus grand nombre, vinrent à bout de la résistance acharnée du peloton. Ils firent taire le premier canon après en avoir tué le personnel.
Un deuxième canon monté par le seul survivant du "groupe", le soldat L.V. Roy, tirait toujours. L.V. Roy chargeait les obus et tirait sans répit. Il fut finalement tué et lorsqu'on le trouva le lendemain, il gisait mort sur la culasse de son canon.
Le trophée L.V. Roy est remis annuellement à la compagnie du Régiment qui a obtenu les meilleurs résultats lors de la compétition militaire et sportive.
Trophée Soldat Léo Major DCM
Le 13 avril 1945, le caporal W. Arsenault et le soldat Léo Major du peloton des éclaireurs se portèrent volontaire pour effectuer à la faveur de la nuit une reconnaissance dans la ville de Zwolle. Ils se heurtèrent malheureusement à une barricade gardée par des sentinelles qui ouvrirent le feu en apercevant la patrouille.
Alors que le caporal Arsenault tomba mortellement blessé, le soldat Major ouvrit le feu de sa mitraillette, tuant deux sentinelles et forçant les autres à s'enfuir. Pendant les 6 heures qu'il passa dans la ville, le soldat Major prit contact avec le maquis hollandais, organisa des raids et incendia lui-même le QG de la Gestapo. Face à tous ces ravages, la faible garnison décida de se retirer.
Vers 5 heures, complètement exténué, le soldat Major regagnait les lignes du Régiment; malgré sa grande fatigue, il rapportait le corps de son compagnon.
Et c'est ainsi que vers midi, le Régiment, sous la direction provisoire de la 9ème Brigade, pénétrait dans Zwolle sans un coup de feu et recevait de la population une ovation presque délirante.
Pour cet action d'éclat, le soldat Major reçut la "Distinguished Conduct Medal".
Aujourd'hui, le Régiment décerne un trophée portant le nom de ce valeureux soldat. Ainsi, annuellement, ce symbole de courage et de détermination est remis, dans le cadre de la compétition régimentaire, à la compagnie qui a su se montrer la plus efficace sur le plan opérationnel
Les dîners régimentaires sont des soirées qui contribuent à la vie régimentaire et sociale de tous les officiers et sous-officiers. Rien ne doit nuire au décorum et à la dignité dans lesquels un dîner régimentaire doit être conduit. Les traditions et le protocole sont observés pendant tout le dîner. Le dîner régimentaire des officiers du Régiment est tenu annuellement le 3ème samedi d'octobre et celui des officiers le 1er samedi de novembre et ce dernier est accompagné. Le dîner est considéré comme une parade et tous les officiers ou sous-officiers de l'unité sont tenus d'y assister à moins d'une raison valable que seul le commandant peut accepter.
La tenue pour les officiers et les sous-officiers est la tenue de gala ou l'uniforme des Forces Canadiennes avec la chemise blanche et la boucle noire. Pour les civils, une tenue de ville est appropriée.
Le dîner est conduit par un président qui est secondé par un vice-président. Pour les officiers, le président est normalement le commandant-adjoint alors que le vice-président est l'officier junior de l'unité.
La salle est disposée comme dans la figure suivante. Face à la table d'honneur, on place sur une table seule, un couvert qui représente les officiers (ou sous-officiers selon le cas) morts au champ d'honneur.
Déroulement du dîner
Avant le dîner
Les invités doivent arriver au moins 40 minutes avant le dîner. En attendant l'arrivée de l'invité d'honneur, les membres de l'unité s'occupe des invités dans le mess. Le vice-président s'occupe des derniers préparatifs. Il guide les invités vers le mess puis il distribue à certains membres du Régiment un carton sur lequel est inscrit le nom d'un officier ou d'un sous-officier selon le cas, du Régiment de la Chaudière, mort au champ d'honneur.
Lors du dîner régimentaire des officiers, le commandant accueille les colonels honoraires et l'invité d'honneur dans son bureau.
Une demie heure avant le début du dîner, les dignitaires se rendent au musée du régiment pour la ligne de présentation. Le vice-président conduit les invités au musée et annonce tour à tour les invités aux dignitaires. Le vin est servi à la sortie du musée.
Quinze minutes avant le début du dîner, le trompettiste s'approche du mess et joue une sonnerie en guise de premier appel.
Pour le dîner régimentaire des officiers, deux officiers sont désignés pour sortir les couleurs régimentaires. Les couleurs seront amenées dans la salle du dîner quelques minutes seulement avant le début du dîner et demeureront sous la garde de deux soldats durant tout le dîner.
Une minute avant le début du dîner, un second appel est joué et tous les invités se déplacent vers la salle du dîner et se place debout derrière leur place préalablement désignée au son de la musique. Quelques minutes plus tard, les dignitaires entre et prennent place à la table d'honneur sur l'air de l'une ou l'autre de nos deux marches régimentaires.
Lorsque le président du dîner a regagné sa place, on joue le "Ô Canada". Après une pause, la sonnerie aux morts, le "Last Post" est joué. Le président procède à la lecture de la liste des officiers ou sous-officiers morts au champs d'honneurs. Les membres de l'unité choisis auparavant par le vice-président répondent "Présent" à la lecture du nom qu'on leur a remis. Après une minute de silence, le "Réveil" est joué.
Le président invite le padré, l'officier ou le sous-officier désigné à réciter le Bénédicité. Par la suite, tous les convives s'assoient et on procède au premier service.
Durant le dîner
Durant le dîner, tous doivent demeurer assis à moins d'en avoir reçu la permission et il est interdit de fumer. La musique agrémente la soirée. Des garçons de tables sont assignés pour chaque table tandis que le maître d'hôtel s'occupe de la table d'honneur. La table d'honneur est toujours servie en premier et tous doivent attendre que les dignitaires aient débuté leur plat pour débuter le leur. Les invités sont servis par la gauche, sauf pour le café et désservis par la droite.
Un calvados ayant été préalablement servi, pendant le plat de résistance, le président se lève et dit "A la Normandie", tous se lèvent, répètent, font cul-sec et reprennent place.
Après le dessert, une pause de 15 minutes est de mise pour permettre aux serveurs de desservir les tables sauf pour les candélabres et les verres de Porto.
Après la pause, lorsque tous ont repris leur place, le président et le vice-président reçoivent chacun une carafe de Porto qui est passée de main à main sans jamais toucher la table. Lorsque tous les verres sont remplis, les serveurs se retirent avec la carafe. Le président se lève et dit "Monsieur le vice-président, la Reine, notre Colonel-en-Chef". Puis le vice-président se lève, et dit "Messieurs, Mesdames, la Reine". Alors tous se lève. La musique joue alors les 7 premières et les 7 dernières mesures musicales de "God saves the Queen". Après la musique, tous disent "La Reine, notre Colonel-en-chef" puis reprennent place.
La musique joue à tour de rôle et en ordre de séniorité des unités la marche régimentaire de chacun des invités. Chacun se fait un devoir de se lever et de porter son verre à la santé de son unité, sous le couvert des applaudissements de toutes la salle.
Des cendriers sont placés sur les tables et on offre des cigarettes et des cigares.
Les carafes de Porto sont déposées sur les tables, il est servi sans formalité. Le café est aussi servi.
Le maitre d'hôtel guide le directeur de la musique et le chef cuisinier vers la table d'honneur pour prendre une consommation (habituellement du Porto) avec les dignitaires de la table d'honneur afin de les remercier pour leur service.
Ensuite, le commandant ou l'adjudant-chef présente la table d'honneur en terminant par l'invité d'honneur auquel il cède la parole. Par la suite, une personne désignée, (habituellement le colonel honoraire) remercie l'invité d'honneur. Après les remerciements d'usage, tous se lèvent et entonnent la chanson régimentaire "Sambre et Meuse".
La table d'honneur se retire au Musée pour le digestif. Les invités suivent.
Après le dîner
Les officiers désignés transportent les couleurs et les remettent dans leur présentoir au Musée. Aucun invité peut se retirer du mess avant le départ du commandant.